Vinistar : Dominique Michel, le vin pour la vie

Depuis 60 ans qu’elle fait rire les Québécois, voilà que Dominique Michel interprète le rôle le plus important de sa carrière : celui d’ambassadrice de la lutte contre le cancer pour la Fondation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Un rôle taillé sur mesure pour cette femme drôle, déterminée et courageuse qui sait inspirer confiance. À Dodo s’unissent médecins, artistes, gens d’affaires et grand public afin de mettre grands vins et gastronomie au service de la cause d’un futur centre intégré en cancérologie. Bienvenue dans l’univers effervescent de Dodo!

Dominique Michel a le coeur sur la main et l’indignation à l’avenant. La négligence envers les enfants l’indigne; le harcèlement sexuel l’indigne; le bullying dans les écoles l’indigne, tout comme les animaux maltraités. Mais si vous voulez vraiment voir l’indignation de notre Dodo nationale grimper soudainement de plusieurs crans, parlez-lui du cancer : d’un proche qui se débat sans espoir contre une récidive ou d’une maman malade qui ne verra pas grandir sa marmaille. «Le cancer, pour moi, c’est l’injustice absolue parce que c’est un ennemi imprévisible et tellement féroce! On ne sait jamais où, quand ni comment il va nous frapper, de sorte qu’on ne lutte jamais à armes égales» résume Dodo, avec exaspération.

L’indignation comme moteur

Le souvenir de tous ces malades qu’elle a côtoyés et supportés à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont en 2010 pendant ses propres traitements de chimiothérapie pour éradiquer un cancer colorectal l’habite quotidiennement. Aujourd’hui, Dodo va mieux. Mais l’indignation devant la dureté de cette maladie et la souffrance qu’elle impose à près d’un Québécois sur deux ne la lâche plus. Alors, quand certains de ses médecins traitants lui ont proposé de devenir le visage bénévole de la Fondation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont afin d’aider à amasser des fonds pour la construction d’un centre intégré en cancérologie, Dominique a su qu’elle avait trouvé l’arène idéale où mener son prochain combat. Et quoi de mieux pour cette épicurienne que le vin et la gastronomie pour porter le message de la Fondation?

Glam et porteur d’espoir!

«J’aime l’idée d’organiser des soirées où les gens mangent, découvrent des bons vins, s’amusent et participent à nos encans silencieux, d’expliquer Dodo. Ça leur donne envie de revenir parce que c’est agréable, tout en étant utile. Je voulais aussi qu’on boive du champagne à la santé de ceux qui se battent quotidiennement contre le cancer. Pour moi, c’est une image porteuse d’espoir et d’optimisme.» D’où la mise sur pied, il y a trois ans, de la soirée-bénéfice À votre santé!, qui sert désormais d’introduction à Montréal Passion Vin. Et ça marche!

La campagne J’appuie Dodo

Dominique jubile, mais admet que c’est un boulot d’enfer pour elle et pour sa coprésidente d’honneur, Manon Brouillette, présidente et chef de la direction de Vidéotron. Avec l’aide de plusieurs bénévoles et employés de la Fondation, il faut solliciter des tas de gens d’affaires et du milieu artistique, faire des requêtes de dons pour les encans silencieux et attirer l’attention du public. Pour atteindre ce dernier objectif, Dominique a demandé l’aide de son amie des 45 dernières années, l’agente d’artistes Claudine Bachand, pour mousser la visibilité de l’événement auprès des médias. De toute évidence, la démarche a porté fruit, puisqu’on a pu voir Dodo sur toutes les tribunes cet automne. La campagne «J’appuie Dodo» a beaucoup d’impact, grâce aux nombreuses personnalités qui viennent dire et redire l’importance de faire un don : Guy A. Lepage, Patrice L’Écuyer, Boucar Diouf, Pénélope McQuade, Marc Hervieux, l’olympienne Annie Pelletier et plusieurs autres. «Je rêve de voir la première pelletée de terre qui lancera le début des travaux. Mais comme il faut d’abord amasser 32 millions de dollars, je ne sais pas si ça se fera de mon vivant», avoue Dominique avec émotion pendant le repas au Leméac qui suit notre entrevue et la séance de photos.

Donner une voix aux patients

Pour Dominique, qui sort chaque fois épuisée mais heureuse de l’expérience, cette implication est essentielle pour pouvoir soigner les gens adéquatement, surtout qu’avec le vieillissement de la population, le cancer est en forte augmentation. « Des rendez-vous à 7h du matin qui finissent par être honorés à 15h, faute de places et de ressources suffisantes, c’est intenable pour ceux qui suivent des traitements de chimiothérapie, et je l’ai moi-même vécu, confesse-t-elle. Sauf que j’avais la chance de pouvoir retourner tranquillement à la maison pour me reposer, contrairement à bien d’autres patients qui devaient ensuite prendre l’autobus et trouver la force d’aller travailler. » C’est en pensant à eux que Dodo retrousse ses manches année après année en utilisant son immense popularité pour leur donner une voix.

Origines d’une passion

Attablée devant un tartare de saumon, Dominique plonge avec plaisir dans ses souvenirs pour retracer, à ma demande, les origines de son amour du vin et de la gastronomie, et de sa passion pour le champagne. «Déjà, dans les années cinquante, j’ai commencé à aller à Paris et je suis tombée instantanément amoureuse de la ville, au point d’y retourner souvent pour de longues fins de semaine. À mon premier voyage, Raymond Lévesque m’a présentée à Eddy Barclay (NDLR : parolier célèbre), au patron du théâtre Bobino, à Francis Lemarque (NDLR : poète et chanteur) parce que je débutais dans la chanson. Tous ces gens intéressants m’ont initiée à la cuisine et au vin.» Dominique a aussi des amoureux européens, dont Henri Atlas, avec qui elle passera 16 ans. Ce chirurgien belge est un amateur de chasse et de pêche, doublé d’un fameux gastronome. «Avec lui, je n’ai pas eu le choix, il a fallu que j’apprenne à mieux cuisiner!» lance-t-elle, avec son humour habituel.

De l’art de la dégustation…

Et puis, il y a les collègues de ses années de music-hall, avec qui elle travaille au Beu qui rit de Paul Berval et où les amis français comme Trenet ou Bécaud viennent faire leur tour lorsqu’ils sont de passage à Montréal. Tous les soirs, on mange dans les meilleurs restaurants de l’époque, le Café des Artistes, Chez son père, Desjardins Seafood, Le Paris. «C’est dans ces années-là que j’ai appris à bien boire et à bien manger, à faire la distinction entre un vin de Bordeaux et un beaujolais. C’est aussi l’époque où j’ai appris à déguster des artichauts sans les piquants, des escargots sans les coquilles et des petites crevettes grises sans la tête!» s’esclaffe Dodo, en dégustant un verre de champagne Barnaut d’importation privée. Elle l’admet d’emblée : sa faveur va toujours aux grands vins français découverts dès les débuts de sa carrière et pour lesquels sont intérêt n’a cessé de grandir avec les années. «J’ai toujours aimé visiter des domaines vinicoles, rencontrer les vignerons, aller dans les caves ou les crayères, en Champagne. Pour moi, c’est un monde d’amitié, du bonheur à l’état pur!» souligne celle qui a beaucoup voyagé en Europe et dans les Antilles françaises.

Tout en mangeant, nous nous amusons à parcourir l’imposante carte des vins du Leméac pour voir un peu de quel bois Dominique se chauffe lorsqu’elle veut se faire plaisir et gâter ses proches. Si elle avoue aimer les rouges du Bordelais, dont le Château Margaux et les vins de l’appellation Pomerol, elle n’en apprécie pas moins ceux de Châteauneuf-du-Pape, dans les Côtes du Rhône, voire les vins de gamay et les pinots noirs bourguignons, comme le Pommard. «J’adore le sancerre et je raffole des grands vins blancs bourguignons, qui sont si raffinés et élégants» confirme-t-elle, en pointant un Bourgogne Hautes-Côtes-de-Beaune, un Puligny-Montrachet, puis un Meursault 1er cru. «J’admets que, pour s’offrir ces vins-là, il faut un bon porte-monnaie. Mais, à mon âge, je peux me le permettre, surtout que je bois très peu et toujours en bonne compagnie, pour le plaisir de partager et d’échanger» précise Dominique, qui aime aussi faire des trouvailles abordables, comme ce Toscan à base de sangiovese et de syrah, le Rocca delle Macìe Sasyr, à moins de 20 dollars.

Champagne, Champagne!

Mais le champagne reste son vin de prédilection. Parmi ses maisons favorites, elle nomme Krug, Duval-Leroy, Ruinart et Taittinger. «Pour moi, le champagne, c’est le vin de la joie de vivre. J’en sers souvent avec du foie gras, des huîtres ou du saumon fumé sur des blinis, avec une garniture de caviar et d’oeuf dur.» Elle proposera aussi du champagne à une amie pour accompagner des cubes de saumon rôtis dans l’huile d’olive et déposés sur une simple tombée de poireau. Celle qui préparait de légendaires agapes du jour de l’An, jusqu’à ce que sa participations au Bye bye l’en empêche, cuisine dorénavant très peu et mange frugalement. «Si tu me demandes les mets que j’aime le plus au monde et que je mangerais tous les jours, sans jamais me lasser, ça se résume à trois choses : du fromage, des huîtres et du champagne!» Les restaurants sont un autre plaisir que Dodo s’offre fréquemment, entre amis. Ses préférés, outre le Leméac, sont Le Richmond, dans Griffintown, et Su, un des deux restaurants de cuisine turque de la chef Fisun Ercan, rue Wellington, à Verdun.

L’équipe d’Exquis…

…est fière de mettre l’épaule à la roue et d’appuyer à son tour la cause du futur Centre intégré en cancérologie de la Fondation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Pour faire un don ou en savoir plus sur les événements de la Fondation, c’est facile. Il suffit d’aller à jappuiedodo.com

Par Anne-Louise Desjardins

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