Vinistar : René et Marie-Josée, Rencontre épicurienne en trinquant

 

Ils forment l’un des couples chouchous des Québécois depuis si longtemps qu’on a l’impression  de bien les connaître. Si René Simard et Marie-Josée Taillefer ont toujours jalousement préservé leur vie de famille des regards indiscrets, cela ne les a pas empêchés de nous ouvrir toutes grandes les portes de leur territoire d’épicuriens.

Une fois franchi le seuil du Restaurant Helena, l’éblouissant soleil du Portugal nous accueille avec, aux murs, d’immenses assiettes de faïence colorées et la cuisine ouverte sur la salle lumineuse.  Redoutablement ponctuels, René Simard et Marie-Josée Taillefer m’attendent au bar de ce resto du Vieux-Montréal où ils ont leurs habitudes. J’ai l’impression de retrouver de vieux amis tellement ils sont chaleureux et sympathiques. De fait, l’après-midi en leur compagnie passera avec moult éclats de rire, confidences gourmandes et échanges de bonnes adresses.

ADEPTES DE FRAÎCHEUR

Amoureux de la cuisine d’Helena Loureiro, René et Marie-Josée me font les honneurs du lieu. « Tu vas voir, la pieuvre grillée et les calmars sont les meilleurs qu’on ait mangés et les vins qu’Helena importe du Portugal sont fantastiques, tout en rondeur, avec beaucoup de personnalité », m’explique René, planté devant le grand cellier vitré qui va jusqu’au plafond, tandis que Marie-Josée vante la fraîcheur irréprochable des ingrédients et la présentation très artistique des plats.

René Simard et Marie-Josée Taillefer chez Helena
Krystel V. Morin

 

AMOUREUX DES VOYAGES

Aucun doute, ce couple partage la passion de la cuisine! Mais surtout, ils aiment découvrir d’autres cultures et s’offrent de deux à trois voyages par année, le plus souvent en famille. « Pour nous, voyages et cuisine sont indissociables, parce que la table, c’est l’occasion d’approfondir la culture d’un peuple et la meilleure manière de faire des rencontres inoubliables », explique Marie-Josée, qui admet d’emblée être amatrice de cocktails plutôt que de vin. « C’est là que ma dent très sucrée se manifeste », blague-t-elle, un Cosmopolitan à la main, pendant la séance de photos. René renchérit : « Je lui prépare des Bloody Ceasar ou de la sangria pour les fêtes de famille, mais je n’en bois pas. » En voyage, il aime partir à la recherche des vins populaires de la région visitée, surtout en France ou en Italie, pendant que Marie-Josée s’amuse à découvrir les cocktails locaux et à en élaborer des nouveaux avec les ingrédients de la région. Elle adore s’imbiber de la culture culinaire du pays visité, pour ensuite s’en inspirer en cuisine. « Je me porte toujours volontaire pour jouer les cobayes, et je suis rarement déçu », résume René, qui confesse cuisiner assez peu, sauf l’été, alors qu’il se transforme en maître du gril. « Mais je suis un excellent helper, et c’est moi qui fais les courses », s’empresse-t-il d’ajouter. Marie-Josée de renchérir : « La nature de mon travail et toutes les années passées à coanimer une émission de cuisine avec ma mère m’ont amenée à prendre le contrôle de la cuisine, ce qui laisse peu de place à René ou aux enfants. »

LE VIN EN BONNE COMPAGNIE

S’il aime le vin, notamment les rouges italiens corsés, René se défend d’être un connaisseur. « Je ne suis pas un expert comme mon ami Patrice L’Écuyer, qui m’a fait découvrir des vins extraordinaires, dont le sassicaia et l’amarone. Pour moi, le vin reste un moyen de rencontrer des gens intéressants, et je peux me sentir plus heureux en buvant des vins de pays tout simples en bonne compagnie qu’en dégustant des grands crus dans un contexte guindé. Parce qu’à mon avis, ce qui rend le vin inoubliable, ce sont d’abord les gens avec qui on le partage. »

DU SANCERRE AU CHABLIS

René reconnaît aussi qu’ayant vu de près les problèmes qu’engendre la dépendance à l’alcool, avec son père notamment, il a choisi très jeune de limiter sa consommation et d’en faire plutôt un élément du repas. « Je bois un verre à l’apéro et un autre à table, jamais d’alcools forts, et je ne bois jamais si je suis triste, stressé ou déprimé », explique-t-il spontanément, refusant que l’alcool fasse office de béquille émotionnelle ou d’évacuateur de stress. Côté préférences, il boit rarement des vins blancs boisés, comme certains chardonnays du Nouveau Monde, et il n’apprécie pas non plus les arômes de fruits exotiques de nombreux sauvignons blancs. « Je ne bois que des vins blancs très secs, à l’apéro, comme le sancerre ou le chablis », révèle-t-il.

RHUM, VANILLE ET CAÏPIRINHA

Pour sa part, Marie-Josée est plutôt à l’opposé côté goûts, elle qui raffole des cocktails exotiques à base de rhum, de vanille, d’ananas ou de mangue : « J’aime aussi explorer l’histoire d’un alcool lorsqu’il est lié de près à l’évolution d’un pays, comme le rhum dans les Antilles ou la tequila au Mexique. » Son cocktail favori reste la caïpirinha brésilienne, à base de cachaça, de jus de lime et de glace pilée. « Je suis aussi une fan de cidre de glace québécois et j’utilise régulièrement le pineau des Charentes en cuisine, une tendance des années 80 dont je ne vois pas de raison de me priver », ajoute-t-elle.  Plus de contenu Exquis  Caïpirinha aux framboises 

LA PLANÈTE EN FAMILLE

Avec leurs enfants, Olivier et Rosalie, René et Marie-Josée sont allés en Grèce, en Croatie, en Australie, en Nouvelle-Zélande et dans les Caraïbes, toujours avec l’optique de leur faire découvrir chaque pays par sa cuisine. Le travail leur a aussi souvent permis de découvrir des vignobles italiens ou français, sans oublier une mémorable visite de beaux domaines en compagnie des parents de Marie-Josée, dans le cadre d’une tournée Relais & Châteaux. Évidemment, ils ont aussi visité le Château Simard, à Saint-Émilion, et le Château Taillefer, dans le village voisin de Pomerol. « Je n’en revenais tout simplement pas de la coïncidence liée à la proximité de ces deux domaines; ça voulait sûrement dire quelque chose à propos de notre propre rencontre, à Marie-Josée et à moi », blague René.

RÉGALS PORTUGAIS

Récemment, ils ont eu un coup de foudre pour Hawaï et sa cuisine de poissons et de crustacés grillés rehaussés de fruits et de noix de coco. Le couple prévoit aussi organiser une tournée du Portugal et de ses vignobles l’hiver prochain avec l’aide de la chef Helena Loureiro. De fait, celle-ci vient à peine de terminer le service avec sa brigade et de s’assurer que tout roule rondement dans ses trois établissements (Helena, Portus 360 et une épicerie gourmande-cantine, Cantinho de Lisboa) qu’elle se précipite à la rencontre de Marie-Josée et René pour les embrasser et les entraîner en cuisine afin de leur montrer ses plus récents arrivages, dont des calmars et du loup de mer livrés du Portugal le matin même. Puis, elle s’enquiert de leur appétit et demande aussitôt à son sous-chef de préparer leur plat favori, une parrilhada de fruits de mer pour deux, magnifique assiette de pieuvre, de grosses crevettes mexicaines sauvages sur purée de chorizo et de pois chiches, de pétoncles et de calmars accompagnés d’une sauce piri-piri légèrement pimentée, qu’elle leur sert avec son vin signature, à base de touriga nacional à 70 % et de syrah.

René Simard et Marie-Josée Taillefer chez Helena
Krystel V. Morin

 

« C’est une cuisine chaleureuse, avec toutes sortes de parfums merveilleux, ceux du chorizo, de la sauce piri-piri, mais qui vise aussi à mettre des produits d’une grande qualité en valeur avec simplicité », explique Marie-Josée, qui dit aimer la fraîcheur raffinée des plats de son amie. De son côté, René raffole des mets épicés. « Je suis très gourmand et très aventureux en cuisine; j’aime essayer toutes sortes de choses nouvelles », explique-t-il. Il aime aussi que le repas familial soit empreint d’un certain décorum : « Avec Marie-Josée et sa mère, Claudette, je suis allé à bonne école, surtout que mon père était chef cuisinier et que ma mère a aussi toujours beaucoup cuisiné. » Chez les Simard-Taillefer, les repas (souvent inspirés des cuisines du monde) se prennent toujours à table, jamais à la sauvette, et comprennent invariablement une entrée, un plat principal et un dessert. « Pour nous, peu importe nos horaires, il a toujours été primordial de prendre ce temps pour échanger avec nos enfants », précise René.

LE PLAISIR DU RESTO

La famille se retrouve aussi régulièrement au restaurant. Marie-Josée s’emballe d’ailleurs lorsqu’elle parle de la générosité de nombreux chefs cuisiniers, de leur besoin constant de faire plaisir. « Nous avons nos endroits favoris! Nous aimons les beaux poissons grillés et les entrées du Lezvos et de Chez Lionel, à Boucherville, et aussi un petit bistro situé dans notre coin, L’Ardoise, à Sainte-Thérèse, où je suis tombée amoureuse de la cuisine très masculine et savoureuse de son chef », confie Marie-Josée en attaquant une crevette géante. Aucun doute : ces deux-là n’ont pas fini d’explorer la planète à la recherche de nouvelles saveurs à partager!

Krystel V. Morin
Krystel V. Morin

 

L’équipe d’Exquis …

 

… à l’instar de René Simard et Marie-Josée Taillefer, est fière de mettre la main à la pâte et d’appuyer à son tour la cause du futur Centre intégré de cancérologie de la Fondation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, marrainé par Dominique Michel. Pour faire un don, c’est facile. Il suffit d’aller au jappuiedodo.com.

 

Par Anne-Louise Desjardins

Inscrivez-vous au Club XKI c\\\

Autres articles de la même catégorie

Portrait d’un homme de cœur qui a la passion bien accrochée.

Bienvenue dans l’univers gourmand de Pénélope McQuade, pour qui le verre et la fourchette sont des ingrédients essentiels au bonheur.

Recette sur mesure : Domaines Paul Mas vin blanc
Cavavin cellier vin publicité
Prix du public bière
  • UN MONDE EXQUIS INC.
  • 3425, BOUL, WILFRID-HAMEL
  • SUITE 102
  • QUÉBEC, QC, G1P 2J3
  • CANADA
© Exquis. Tous droits réservés.