Vins : Quand Coppola et Château Margaux ne font qu’un

Après avoir travaillé pendant 20 ans au Château Margaux, Philippe Bascaules est devenu il y a 6 ans le vigneron en chef d’Inglenook, le prestigieux domaine californien créé en 1871 et appartenant depuis 1975 au réalisateur américain Francis Ford Coppola. Deux mondes tellement différents qu’il parvient néanmoins à faire cohabiter dans sa nouvelle aventure.

Peu nombreux sont ceux qui peuvent mettre dans leur cv qu’ils ont travaillé à la tête du « Versailles du Médoc », le Château Margaux, premier grand cru classé en 1855 et seule propriété bordelaise à porter le nom de son appellation. C’est pourtant ce qu’a fait Philippe Bascaules, jusqu’à  un jour de 2010 lorsque le réalisateur de « The Godfather » et « The Untouchables » l’appelle pour prendre la direction du domaine Inglenook dans la vallée de Napa. Coppola a d’ailleurs acheté le domaine, parcelles après parcelles, avec les profits engrangés par ses films tels que le Parrain ou Dracula.

Pour Bascaules, c’est tout un changement de cap qui lui a fait comprendre que le travail de Bordeaux où il faut éviter la pourriture, la verdeur ou la dilution liée à la pluie était très différent de la Californie où il faut tout faire pour éviter à la vigne les coups de soleil, la déshydratation ainsi que la sur-extraction ou des taux d’alcool trop élevés.

 

Le luxe des vins élégants

Ceux qui cherchent les cabernets sauvignons californiens boisés, corsés et lourds seront probablement déçus du travail de Bascaules. Chez Inglenook, on privilégie surtout le raffiné et l’équilibre. « Je ne veux pas révolutionner les vins de Napa, je veux juste dire que Napa est capable de faire ces vins-là. » D’ailleurs ce qui l’a convaincu d’accepter le poste de vigneron en chef d’Inglenook, c’est quand Coppola l’a invité à goûter le cabernet sauvignon cuvée 1959, un vin toujours debout plus de 60 ans plus tard avec une belle acidité et seulement 12,5% d’alcool.  « Ce sont des vins pour accompagner un repas, ce ne sont pas des vins pour impressionner ». Coppola lui a donc passé la commande de faire des vins très digestes, moins lourds avec plus d’acidité et moins d’alcool, bref plus d’élégance. « L’élégance pour moi, ça veut dire que le vin est facile à comprendre et on peut en boire 3-4 verres sans problème. » Une nouvelle ligne de conduite qui laisse aussi place à certaines déceptions pour certains puisque d’un millésime à l’autre, les vins peuvent être très différents. Un luxe et une liberté que peu de domaines peuvent se payer. « J’aime faire des millésimes très différents et éviter les extrêmes.»

 

De retour au Château Margaux

Ce travail de raffinement pour redonner ses lettres de noblesse au domaine Inglenook prenait tout son temps lorsqu’il y a quelques mois, son ancien employeur du Château Margaux, l’a rappelé pour lui proposer de prendre le relais du vigneron légendaire du domaine, Paul Pontallier, décédé début 2016. Difficile de résister aux sirènes du prestigieux grand cru de Bordeaux, d’autant plus que sa famille réside toujours en France (dont ses 3 enfants). Habile négociateur, il a donc accepté le poste de vigneron en chef le directeur du Château Margaux tout en faisant accepter à Margaux de disposer de 6 semaines par an afin de s’occuper d’Inglenook et de superviser le domaine. Une double tâche qui  ne nuira certainement pas à la réputation du domaine de Coppola. Un retour aux sources qui devrait donner un sérieux coup de pouce à la notoriété d’Inglenook.

 

Pour découvrir Inglenook

Vin SAQ : Inglenook Edizione Pennino Zinfandel 2013

Zinfandel Edizione Pennino, Inglenook, Napa Valley, 2013, code SAQ 12986209, 72,75 $

Le zinfandel d’Inglenook en est un bon exemple. Tout en retenue, avec seulement de2 % de petite sirah (au lieu des 5-10% habituels), ce vin laisse parler le zinfandel avec une fraîche acidité qui prouve que la Californie n’a pas besoin d’en faire des tonnes comme certains pour séduire l’amateur. Parmi les 2 000 caisses seulement qui sortent du domaine, une quarantaine prend le chemin de la SAQ.

Vin SAQ 12547151 Inglenook 1882 2013

1882, Inglenook, Napa Valley, 2013, code SAQ 12547151, 68,75$

Superbe équilibre en bouche pour ce vin qui porte la date du vin créé par le premier propriétaire du domaine, Gustave Niebaum. Un cabernet sauvignon au fruité frais et doté dune belle longueur en bouche. Tanins veloutés qui vous enveloppent le palais, arômes de prune, de cassis, chocolat et de fruits rouges. Une belle bouteille qui vieillira bien pendant 5 ans.

Vin SAQ Inglenook Rubicon Napa Valley 2012

Rubicon, Estate Cuvée, Inglenook, Napa Valley, 2012, code SAQ 12986102, 263,00 $

Le vin emblématique du domaine d’Inglenook  est sans conteste le Rubicon. Un minutieux assemblage de cabernet sauvignon (86%), petit verdot, cabernet franc et merlot très « classe » aux accents de cerises noires, de fruits noirs (cassis), d’herbes séchées et de cannelle. On a ici un vin qui peut tenir facilement la dragée haute à quelques grands crus classés bordelais. Le boisé est tout en retenue et puis cette longue finale qui rend contemplatif.  Fait pour durer !

 

 

Frédéric Arnould, de Toutsurlevin.ca pour exquis.ca, août 2017.

 

 

 

Par Frédéric Arnould

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