LES VIGNERONS DE CŒUR DE MONTREAL PASSION VIN 2018 : PIERRE-HENRY GAGEY, MAISON LOUIS JADOT

Photos : tous droits réservés, Maison Louis Jadot

 

PIERRE-HENRY GAGEY

UNE PANOPLIE DE VINS D’EXCEPTION

PAR ANNE-LOUISE DESJARDINS

 

La Maison Louis Jadot est une des principales entreprises vinicoles de Bourgogne ; elle contrôle pas moins de 250 hectares de vignobles partout en Bourgogne, dont 119 hectares en Côte d’Or : le Domaine des Héritiers Louis Jadot, le Domaine Louis Jadot, le Domaine Gagey et le Domaine du Duc de Magenta. Elle a aussi des vignes dans le Mâconnais, la Côte Chalonnaise et la Côte de Nuits. Plus de 150 vins différents sont élaborés dans les différentes propriétés de la maison, incluant le Beaujolais, où la Maison Louis Jadot est présente depuis 1996 avec le Château des Jacques. Bien sûr, Bourgogne oblige, on cultive le pinot noir et le chardonnay, et dans le Beaujolais, le gamay et l’aligoté. À l’occasion de Montréal Passion Vin, nous vous présentons une entrevue avec Monsieur Pierre-Henry Gagey, président de la SAS Maison Louis Jadot.

La Maison Louis Jadot fut fondée par Louis-Henry Denis Jadot en 1859, mais la famille avait débuté dans les vignes plus de 30 ans auparavant, avec l’acquisition du Beaune Premier Cru Clos des Ursules. Plusieurs générations se sont succédé au fil des ans pour développer l’entreprise, autant en termes d’acquisition de vignobles, que de nouveaux marchés. Cette grande maison est aussi un important négociant en Bourgogne. En 1954, André Gagey se joint à l’entreprise, à titre d’adjoint de Louis-Auguste Jadot, avant de lui succéder. En 1984, Pierre-Henry Gagey, le fils d’André, rejoint la société. L’année suivante, Madame Jadot décide, pour assurer la pérennité de l’entreprise, de la vendre à la famille de Rudy Kopf, importateur de longue date des vins de la maison aux États-Unis. Depuis 1992, Pierre-Henry Gagey est président de la SAS Maison Louis Jadot.

 

Le Domaine des Héritiers Louis Jadot est le domaine historique de la famille Jadot : Beaune Premier Cru Clos des Ursules, Corton Pougets Grand Cru, Corton Charlemagne Grand Cru, Chevalier Montrachet Les Demoiselles Grand Cru, Beaune Premier Cru Clos des Couchereaux, Beaune Premier Cru Les Boucherottes, Pernand Vergelesses Clos de la Croix de Pierre… Le Domaine Louis Jadot s’est agrandi en 1985 avec l’achat du Domaine Clair Daü.

Le travail sur la vigne se fait dans le plus grand respect de la vigne et des sols : aucun produit de synthèse n’est utilisé depuis 20 ans, on travaille le sol en surface seulement, au tracteur ou au cheval pour les endroits les plus difficiles à atteindre et les récoltes se font manuellement. En Côte d’Or une quinzaine d’hectares sont en biodynamie et en bio.

 

À quoi la vendange 2018 a-t-elle ressemblé ?

La vendange 2018 est, une fois de plus, très différente de tout ce que nous avons connu jusqu’à présent ; en tout cas, pour moi qui vinifie en Bourgogne depuis 1985, rien de semblable. Certains météorologues nous disent que cela pourrait ressembler à l’année 1947 ! Tout cela est à prendre avec prudence, bien sûr. Quoiqu’il arrive, 2018 est un millésime incroyable, avec un hiver très pluvieux, une très jolie sortie de raisins, suivie d’une fleur qui s’est passée parfaitement et des épisodes pluvieux réguliers pendant les mois de mai, juin et juillet, ce qui a permis aux nappes phréatiques de se remplir. Un mois d’août très beau et très sec, et qui n’a pas du tout pénalisé le vignoble bourguignon, car nous avons des racines qui plongent profondément, et elles ont pu se nourrir dans la fraîcheur des nappes phréatiques.

Le début des vendanges chez Jadot s’est fait le 29 août, elles ont duré une vingtaine de jours, avec des conditions climatiques parfaites, les raisins étaient murs, sains et nombreux. Les peaux étaient assez épaisses, ce qui entraîne des couleurs magnifiques pour les vins rouges et une tendresse de chair. Nous avons entre les mains un millésime 2018 qui semble très beau, les acidités pour les blancs sont finalement tout à fait correctes et nous sommes vraiment très optimistes. Il est très rare que la qualité et la quantité soient au rendez-vous ensemble, surtout pour les vins rouges ; pour les vins blancs, c’est déjà arrivé plusieurs fois, avec les magnifiques millésimes 1982, 1990, 1999 par exemple ; mais en rouge, c’est très exceptionnel et j’irais même jusqu’à dire que la quantité importante de raisins que nous avons eus nous a permis de produire un très beau millésime ; alors que si la quantité avait été faible, nous aurions des degrés alcooliques trop élevés et des vins déséquilibrés. Si je peux me permettre de terminer ainsi : la Bourgogne est chanceuse et très heureuse de ce millésime 2018.

 

 

Décrivez les particularités des terroirs du Mâconnais et de ceux de Côte d’Or et ce qu’ils ont d’unique.

La Côte d’Or et la région mâconnaise sont dominées par des calcaires et par des marnes. Tout ceci a été façonné par des générations de vignerons pendant 2 000 ans pour délimiter des climats qui ont tous leurs propres caractéristiques. Ceci est bien sûr très subtil, mais se retrouve dans les vins que nous produisons, raison pour laquelle nous n’assemblons jamais des vins de climats différents, essayant de conserver à chacun leur identité et leur caractère propre. Pouilly Fuissé, qui est situé dans un vignoble en forme d’amphithéâtre, produit toujours des vins ayant plus de chair et plus généreux ; à part, bien sûr, Vergisson, situé plus en altitude et plus tendu. La Côte d’Or a une chance inouïe, car on y trouve un équilibre entre l’énergie, la puissance, la complexité, le raffinement et la chair, qui sont au rendez-vous lorsque le vigneron fait confiance à la nature.

 

Quelle est votre approche face à la viniculture raisonnée ?

Bien évidemment, la viticulture raisonnée est indispensable, car il n’est pas question d’utiliser dans nos vignes des produits qui dénatureraient nos sols et les vins qui y sont élaborés. Nous sommes favorables à une agriculture non seulement raisonnée mais biologique et, dans certains cas, biodynamique, car elle permet plus de transparence, de précision et d’énergie dans les vins que nous produisons ; en un mot, plus de vérité.

 

Principales innovations au domaine (vignes et chai) ces dernières années et comment arrive-t-on à concilier innovation et respect des traditions lorsqu’on est une grande maison comme la vôtre ? La compétition mondiale présente sûrement quelques enjeux aussi, qui obligent à se renouveler…

Il est difficile de parler d’innovation en Bourgogne, alors que nos ancêtres ont construit à travers des générations de vignerons ce magnifique vignoble qu’ils nous ont transmis. Bien évidemment, nous essayons d’être toujours plus précis, toujours plus purs, mais en faisant bien attention à ce que le talent de l’homme ne domine pas le génie de la nature, aussi grand soit-il.

Dans une maison comme la Maison Louis Jadot, nous avons nos propres vignes, avec un domaine important (environ 250 hectares), mais nous achetons également des raisins à un certain nombre d’amis viticulteurs que nous connaissons depuis bien longtemps. Afin de donner à chacun des vins que nous produisons la même complexité, il est important de respecter un cahier des charges très précis, car nous avons des volumes qui sont quand même significatifs. C’est notre grand challenge de nous appuyer sur nos traditions et notre passé, tout en étant tourné vers l’avenir qui, pour la Bourgogne, s’intéresse surtout à la pureté et à la transparence de ces vins. C’est beaucoup en investissant dans les hommes qui travaillent nos vignes, qui vinifient nos vins et qui les élèvent que nous arrivons à nos fins, plus que dans des moyens techniques, certes importants, mais arrivant toujours en second.

Les vins servis lors de Montréal Passion Vin

Nous servons à Montréal Passion des vins du millésime 2015. C’est un millésime absolument magnifique, avec des rendements assez faibles, mais beaucoup d’énergie et de tension. C’est un millésime de garde, en particulier pour les rouges, et qui s’exprimera au mieux dans une dizaine d’années. La pureté est l’essentiel dans ce très grand millésime qui s’allie volontiers avec la tendresse du fruit et la suavité de la chair des raisins que nous avons récoltés.

PULIGNY-MONTRACHET 1er CRU LES REFERTS 2015
Provenant d’une petite vigne qui nous appartient, située juste à côté des Combettes et des Clavoillons. Pur, féminin mais quand même puissant, avec une grande finesse.

Corton-Charlemagne 2015

Le Corton-Charlemagne est situé dans le climat des Pougets, en plein centre de la colline de Corton. Nous sommes propriétaire de cette vigne depuis un peu plus de cent ans et elle produit toujours des vins racés, magnifique expression des grands crus bourguignons.

VOLNAY 1er CRU EN L’ORMEAU 2015
Très jolie petite vigne de Volnay, tout en douceur, tendresse et raffinement.

Corton-Grèves 2015

Situé sur le versant est de la colline de Volnay, il est plus tendu et nécessite au moins 10 ans pour pouvoir s’exprimer.

GEVREY-CHAMBERTIN 1er CRU PETITE CHAPELLE 2015

Joli premier cru de Gevrey situé juste à côté des grands crus, assez expressif aujourd’hui et révélant le génie de la Côte-de-Nuits.

Clos Vougeot 2015

Il est encore bien jeune, mais il est fin et l’on perçoit à travers sa texture le magnifique potentiel de garde qui est en lui.

 

louisjadot.com

Par L'équipe Exquis

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