Vins : Brunello, le grand cru du sangiovese toscan

Si le Piémont a ses barolos et la Vénétie ses amarones pour s’illustrer dans les hautes sphères vinicoles internationales, la Toscane a assurément son petit bijou de vin qui peut vivre de très longues années en cave avant de livrer ses secrets. Le Brunello, issu de la municipalité de Montalcino, qui trône à plus de 500 mètres au-dessus du niveau de la mer, est l’une des appellations qui n’a rien à envier aux plus grands crus des quatre coins de la planète.  

 

Montalcino, qui se trouve à une heure au sud de Florence, a été plongée dès la moitié du dix-neuvième siècle dans la vinification du cépage le plus italien qui soit, j’ai nommé le sangiovese, un raisin à l’acidité légendaire qui « résiste » à tous les plats à base de tomate. Mais il aura fallu attendre 1980 pour que l’appellation du brunello soit reconnue comme une DOCG (dénomination d’origine contrôlée et garantie par le gouvernement). Ainsi, chaque brunello doit être confectionné à 100 % à base de sangiovese et doit séjourner deux ans en barriques et au moins quatre mois en bouteille avant livraison sur le marché.

 

Depuis, le vin brunello n’a cessé de rayonner sur la scène internationale grâce à sa complexité et sa générosité. Vous ne serez donc pas étonnés d’apprendre qu’en 1970, il n’y avait que 30 producteurs de brunello, et que ce nombre a bondi jusqu’à aujourd’hui à plus de 250 ! Bonne nouvelle pour ces producteurs, l’exportation représente maintenant plus des deux-tiers de leur production : majoritairement aux États-Unis, suivi de l’Europe (Allemagne en tête) et le Canada ensuite (12 % du total).

 

Un scandale oublié ?

 

Cette prestigieuse appellation a toutefois subi un sérieux coup dur en 2008, lors du « brunellopoli » ou « brunellogate », un scandale où plusieurs producteurs se sont fait prendre la main dans la vigne en assemblant d’autres cépages au sangiovese, afin de gonfler la production et les profits; un véritable crime, puisqu’il s’agissait d’une fraude commerciale. Résultat, des vignobles furent mis en quarantaine et des centaines de milliers de bouteilles furent saisies. Même les États-Unis ont alors décidé de bloquer l’importation de brunello. Aujourd’hui, le « consorzio » estime que si les impacts ont été rudes pour la réputation du bijou toscan, l’avenir est plus que jamais prometteur pour le roi du sangiovese.

 

Un deuxième vin comme les bordeaux

 

À l’image des grands crus de Bordeaux, le brunello a créé un deuxième vin, appelé le Rosso di Montalcino, une cuvée concoctée avec les raisins des parcelles qui n’ont pas réussi à se hisser dans la bouteille de brunello. Il en résulte des vins plus approchables, parfois un peu plus rustiques, forcément moins complexes mais qui valent néanmoins le détour. Vendu bien souvent pour une fraction du prix du brunello (la moitié), ces vins proposent une belle entrée en matière sur le sangiovese bien travaillé.

 

Dégustés récemment

 

Caparzo, Brunello di Montalcino, 2012, Toscane, Italie, code SAQ 10270178, 53 $

L’un des premiers producteurs de la région dans les années 1960, ce domaine a fait ses premières vendanges en 1970. Ce 2012 est un assemblage de 4 vignobles, mûri en foudres de Slavonie. On s’y délecte d’arômes de fruits noirs, de sous-bois avec une belle bouche serrée, mais avec de la fraîcheur en finale. Un vin d’une belle élégance et qui est très approchable, dès maintenant.

Col d’Orcia, Brunello di Montalcino, 2012, Toscane, Italie, code SAQ : 00403642, 52,00 $

Voici un brunello splus sur le floral et le fruité très concentré. Cultivé en biodynamie, le Col d’Orcia devrait plaire aux amateurs de vins plus « viandeux », plus marqué par des notes boisées et des tanins généreux. Belle longueur en bouche. Le 2010 est actuellement disponible sur les tablettes et est plutôt bâti pour le long terme.

Castello Banfi, Brunello di Montalcino, 2011, Toscane, Italie, code SAQ :  10268596, 54,75 $

Certainement l’une des maisons les plus connues internationalement pour cette appellation, Banfi livre ici un délicieux millésime 2011. Avec sa robe intense, on commence à y déceler de légers arômes vanillés pour encadrer une belle matière fruitée, parfumée à la réglisse et aux épices douces. Déjà très ample dès maintenant, quelques années en cave devraient lui faire le plus grand bien.

 

 

Frédéric Arnould, de Toutsurlevin.ca pour exquis.ca.

 

 

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Par Frédéric Arnould

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